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Ce onzième album (si si c’est la bio qui le dit) doit être pour Kim celui de la maturité. Le bonhomme devrait s’acheter une conduite au piano. Ne connaissant pas les précédentes productions, il m’est impossible de juger, juste de supputer que le garçon devrait sacrement lâcher la bride et faire de sa respiration l’unique frein à une musique bien barrée. Sexy Lady Lane qui ouvre l’album joliment, ondulant, qui doit exaspérer le plus infatigable des Slakers. Dans une décontraction hallucinante, Kim et une douce intervenante, enregistrent une pop dodelinante et entraînante. Par If molly can work on muscle son jeu entre Weezer et…Weezer. Quand l’aspiration par les sirènes des références, plonge le compositeur dans les offres d’une poubelle pleine de calques. Pour dégager les branches et retourner au travail. Kim s’est acheté un piano en nous promettant de s’en servir en guise de rédemption artistique, loin d’une décadence de plus en plus limite. C’est sur Married on que le piano style cabaret rentre en piste sur un rythme lourd. Kim à la naïveté savamment étudiée exécute un pas de deux en deux temps, les bras chargés de substances illicites pendant que la "pauvre mariée" braille sous les réverbères d’une place multicolore (ouille ouille cela commence à faire effet). Puis c’est une sucrerie (rome for Lady Eight) que Daniel Johnston aurait put écrire s’il n’avait pas fait la connaissance de Casper le fantôme. Kim prend de l’altitude, volant sur un tapis, du gaz hillarant plein la tronche mais la tristesse comme compagnon de vol. Married on a sa suite logique avec Married out. Une suite débraillée où Kim y est nu et touchant. Un fou chantant sidéral et poignant. Plus le disque avance, plus Kim derrière son voile de déconnade nous prend aux tripes, ces tripes qui ne seront pas lâchées par Lady Eight UK theme, un thème quasi balkanique qui illustrerait Docteur Jivago si Omar Sharif avait le physique de Jack Nicholson. On tremble à l’idée qu’il décore nos villes en guise de fond sonore. Après l’allégresse, après la mélancolie, Kim passe au stade de la terreur maligne mais évidente. La pirouette rythmique n’en sera que plus étonnante. Car la chute sera terrible sur Rome for Melodin sane. Kim a dû éviter l’overdose de justesse et chanter pour oublier. On entre dans un psychédélisme amorphe et élastique où Kim y est tout interdit et tourneboulé, sur un morceau de bravoure épique longeant la énième variation de Married (Married Out part II) qui immortalisera Kim en clown triste et tendre mais sans nez rouge, sur une pyramide sonore. Passant par toutes les couleurs d’un arc en ciel gigantesque il nous plonge dans ses affres, carburant d’une thérapie au combien profitable. Ce garçon ne va pas bien, et souhaitons qu’il en soit longtemps ainsi car son malheur et un bien pour nous.




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