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Au début des années 80, une pub pour un vendeur de fragrance du nom de cacharel suscitait chez moi un émoi rare. Loulou oui c’est moi devenait le gimmick de mes rêves en rose. Dix ans après c’est chez lenoir que l’émoi naîtra, et la coïncidence est troublante. Loulou c’est scindé pour ne faire plus qu’un. C’est lou qui suscitera l’émoi chez le trentenaire que je suis devenu alors. Passant le cap je contactais cette voix afin qu’elle me poste sa déclaration, pour me la passer en boucle, me plonger dans l’amirauté nuit et jour et prendre Lou comme la nuit, jalousant Mickael J sheehy (encore un de ses looser magnifiques), mais reconnaissant que le mariage des deux fait de cet instant un instant magique et troublant. Quand Lou chante qu’elle est prête pour l’enfer c’est le notre qui lui est promis, l’enfer du désir non assouvi. Charmeuse, troublante, la mélancolie comme seconde peau, Lou se fait surprenante sur une reprise du plus beau tango du monde, réconciliant des générations qui se refusent la parole musicale. Souvent minimaliste et sophistiqué à la fois, Lou aligne un casting hallucinant (Tikovoï loin de son palace, Mickael J sheehy, Rob Ellis, Paul Kendall) pour quelqu’un laissant un espace libre au label preneur. Lou est en fait une vague (à l’âme) évitant les longueurs, se lovant autour de nous, nous la vie, qui la prenons dans nos bras imaginaires et chaud, chaud de sa présence. Au contraire d’Émilie Simon, Lou nous réchauffe de tant de maux et de mots. Lou c’est elle. Coup de coeur et grand frisson.