> Critiques > Labelisés



A force d’avoir raison je vais finir par avoir peur. Il n’est plus question de tergiverser, le temps est compté, le disque de l’année est dans un boite de plastique loin de l’écrin qu’il mérite. A vous de participer à cette quête, voilà ce que j’écrivais pour terminer ma chronique des Celesta démo de Syd Matters il y a de cela un an. Bouleversé comme jamais par une démo, j’avais entretenu une correspondance basique et informelle avec ce parisien aérien, sorte de Thom Yorke blanc de gimmick avant que celui-ci sorte un single et EP, et surtout qu’il signe chez PIAS via le concours CQFD des Inrocks. Si le talent n’est plus un gage de succès et de réussite, Syd Matters pourrait et doit nous montrer le contraire. Les 6 titres de ce Fever in Winter, Shiver in June pioche dans les Celesta démos mais nous apprend que celles-ci n’étaient pas juste un miracle. De nouvelles perles viennent sertir enfin un écrin existant, et à l’image de celui-ci à la fois sobre et d’une justesse épidermique rare. Comme première nouveauté Connie, éblouissante pastel électro acoustique aux arrangements stupéfiants ! Après ce titre le vide. En y regardant de plus prêt on peut y voir le fantôme d’un Kurt Cobain acoustique à la pèche avec Thom York. Pour Attractive tout est dans le titre, une suite de couches soigneusement empilées comme un château de cartes, le mise à l’épreuve du principe de la stabilité dans des phases de turbulence. Organised Life, elle gagne de l’épaisseur et tend à devenir une sombre descente d’acide. On y repère un écho aussi protecteur que terrifiant. Syd matters surprendra via Silent Kenny arrivé par un vent d’ouest des plaines américaines suivant David Eugène Edwards. Direct droit comme un I pour le In Your Town tout droit sorti des bandes du viva last blues chapardées par Godin et son acolyte. Ssubjuguant à tous points de vue Fever in Winter, Shiver in June stop le temps et attire les yeux noirs et blancs en attendant la suite désirée. Je prends les paris qu’après la meilleure démo, et cette année le meilleur EP (qui pourra dépasser cela ?) Syd devrait sortir l’album de l’année 2004, un space folk lunaire. Ne luttez pas, vous ne pourrez pas passer à côté : chef-d’oeuvre.