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Chroniquer un nouveau disque de Jack White revient à présenter le bulletin météorologique sur une quelconque chaîne de télévision saoudienne. En lieu et place d’un monotone « il fait chaud, un peu plus chaud qu’hier, un peu moins chaud que demain », l’on évoquera un énième recueil de « bombinettes garage-rock gorgées d’électricité, teintées de blues et de heavy metal psychédélique », puis l’on déclinera jusqu’à la nausée le champ lexical de l’effervescence – classic shit. Il est bien entendu excellent, ce Frozen Charlotte, paru en début d’été et malicieusement surnommé Frozen Charlatan par son auteur, que l’on avait laissé sur un No Name (2024) tout à fait honorable. Épaulé par la même équipe de fines gâchettes, le natif de Detroit poursuit sur sa lancée et nous offre un pandémonium de treize « bombinettes garage-rock gorgées d’électricité, teintées de blues et de heavy metal psychédélique ». Que dire de plus ? Que le flow rythmique de Derecho Demonico rappelle Led Zeppelin ? Que les refrains entêtants de I Can’t Believe What I’m Hearing déchirent ? Que l’on adore l’orgue Hammond, particulièrement sur le fuzzy Neighbors Blues ? À la limite de la parodie – certains morceaux lorgnant clairement vers le hard-rock californien des années 80 –, Jack White et ses acolytes virevoltent, se cognent la tête au plafond ou s’enfoncent dans la boue du bayou, mais toujours s’en sortent par une pirouette mélodique, un gimmick accrocheur, un groove élastique – on sent que le groupe s’éclate, c’est communicatif. Alors oui, rien de nouveau sous le soleil, mais ce bulletin météorologique-là, on le réécoute en boucle sans broncher.




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