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Pas pour rien que le slacker Sick Tooth, placé en fin d’album, évoque Wednesday. Aux manettes derrière le quatrième opus de Squirrel Flower, l’on retrouve Alex Farrar, architecte du son indie-rock alt-country des années 2020, ayant œuvré – outre Wednesday – pour MJ Lenderman, Indigo de Souza et Snail Mail. Sa signature ? Guitares électriques tranchantes, distorsions élastiques, goût du contraste, enregistrement naturaliste, tous microphones ouverts. Saturation réverbérée, souffle, grésillements et lacérations harmoniques offrent un contrepoint parfait aux onze compositions de la multi-instrumentiste Ella Williams, oscillant entre complaintes brouillardeuses (la majestueuse Say a Prayer to the Gods of Getting Going), rengaines feutrées (l’apaisante Not Me), comptines dodelinantes (Weightless, Untethered) et mélopées hantées (Fought a Hornet). Évoquant Neil Young (guitares orageuses), Mazzy Star (langueur) et Tarnation (mélodies qui viennent du ventre), le disque – principalement constitué de ballades country-folk – est un modèle d’épure maximaliste, où les arrangements – pedal steel guitar, orgue, flûte, accordéon, chœurs – se mettent au service de chansons trop humbles pour leur propre bien, mais l’absence de sommets, de frissons, de poils qui se dressent, se voit compensée par une homogénéité louable : 35 minutes en suspension, on passe un chouette moment. Et puis, électricité oblige, la Chicagoane se permet quelques digressions, telles que les gros refrains de Foot Thick Ice – ça réveille. Sauf que, rasséréné par la belle sincérité qui se dégage de l’ensemble, on ne dormait pas vraiment. Nous dérivions, immobiles, captifs d’un clair-obscur cotonneux, où la torpeur est mirage, où les décibels caressent. Envoûtant.




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