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Écoute à l’aveugle, dans le train qui me ramène de Munich. Lent crescendo post-rock, porté par des guitares arpégées et un chant réverbéré, Pink Sunset plonge avec élégance dans un brouillard saturé de décibels, duquel émerge une chorale un peu criarde. La production artisanale, les arrangements à l’os, le traitement cru des voix, tout nous renvoie vers un album de Life que nous avions l’année dernière particulièrement apprécié : l’We Won’t Say A Word Until Tomorrow. L’on y retrouve ce goût de l’organique, de la distorsion brumeuse et du cœur au bord des lèvres, qui caractérise l’œuvre de Damián Antón-Ojeda, homme-lige de Life ainsi que d’une bonne quinzaine de projets, dont Sadness, évoluant entre post-rock, shoegaze et post-black metal. Quatre longues plages musicales durant, Sunset Blush joue avec les codes des registres qu’il explore, se permettant d’aventureuses digressions vers le math-rock, le slacker et le blackgaze. Sur la foisonnante mélopée Pink Sounds, un étonnant pont syncopé, un groove raide, une variation de tempo, une conclusion psych-prog ; le mood indie-rock de Summer Love rappelle Wednesday ; sommet que le frontal Istoy et son final épique, beau à pleurer. Accompagné aux chœurs par la New-yorkaise Meredith Salvatori aka Abriction, le multi-instrumentiste de Baltimore – orfèvre de l’émotion brute – sublime une fois encore le spleen en une bande-son crépusculaire, à même d’accompagner vos voyages intérieurs les plus sensibles.




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