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Québecois installé au bord du lac d’Annecy depuis une vingtaine d’années, Jean-Claude Dupont sort du bois à l’âge où la plupart des musiciens remisent définitivement les guitares dans leurs étuis. Point de naphtaline sur ce troisième album rafraîchissant tout autant que mélancolique : à l’instar d’un Louis Calaferte persuadé qu’écrire lui permettrait de repousser l’inéluctable, le septuagénaire - épaulé par Nicolas Fizman et Denis Bénarosch - conjure le mauvais sort à coups de rengaines country folk (Des kilomètres d’enfer), de ballades feutrées (Mehla Mylady) et de reprises ciselées, telles que l’entêtante En amour avec lui, composée en son temps par l’illustre Gaston Mondeville. Un premier disque publié en 1980 (Pouvoir Savoir), le suivant en 1997 (Un frisson sous la peau), Dupont se fait rare, l’exigence, peut-être, la pudeur, également, l’humilité, probablement. En français, en anglais, en espagnol, l’auteur compositeur égrène mélodies sobres et arrangements lettrés, entre americana et variété francophone de qualité. Pedal steel, piano, mandoline, orgue, cordes émouvantes, chœurs soulful, tout concourt à faire de Pensées vagabondes une déclaration d’amour, déclinée en sept morceaux d’une homogénéité prégnante, porté par un classicisme assumé non dénué d’espièglerie (Ricky and the Boomers). Éloge de la patience, au service d’un talent apaisé, et surtout, d’un talent apaisant.




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