> Critiques > Labellisés



Comment résister au timbre de voix légèrement éraillé du californien Vince Staples, qui rappelle celui de Michael Ivey ? Sans parler de son flow – fluide, nerveux, caustique -, des beats lo-fi qui cognent, des lignes de basse saturées, mixées en avant, des claviers acidifiés, des guitares délicieusement distordues ? Hip-hop, certes, mais O combien lettré, un régal de crossover : rythmique jungle sur le post-punk The Running Man, magma garage à la Black Keys sur TV Guide, dont les paroles font écho au mythique Television, the Drug of a Nation des Disposable Heroes of Hiphoprisy, fusion vintage évoquant Urban Dance Squad sur ce The Big Bad Wolf gorgé de samples et de groove. On sent bien qu’avec ce septième opus, le natif de Long Beach, par ailleurs membre du collectif Cutthroat Boyz, a une dent contre son pays, contre son époque. En témoigne un Only In America compact, ironique à souhait, plus rock que hip-hop, fantasme syncrétique tel que rêvé par TV on the Radio, ou ce Do You Know The Devil électro-clash à l’intitulé particulièrement évocateur. Dix titres, trente-cinq minutes, sans temps morts ni remplissage stérile, Cry Baby – bien que décontracté, à l’image d’un Cotton aussi sexy que du Prince sous influence Calvin Harris, ou de la ballade soul 7 In The Morning – est un objet politique à la puissance de feu inégalée, qui plus est s’avère d’une qualité musicale telle qu’il devrait complexer à tout jamais le moindre de nos rappeurs hexagonaux, dont la conscience – cramée par des stéréotypes plus mortifères les uns que les autres – patauge dans une complaisance que personne n’osera remettre en question. Essentiel.




 autres albums


aucune chronique du même artiste.

 interviews


aucune interview pour cet artiste.

 spéciales


aucune spéciale pour cet artiste.