23 juillet 2026 / Les ravages de la distraction. Ou de la sénilité précoce, allez savoir. Parcourant la liste des sorties musicales de ces dernières semaines, je m’exclame : « Oh, un nouveau Bardo Pond, ils existent encore ?!! ». Non, pas que je sois fan du combo pennsylvanien, mais les années 90 parfois me manquent, y compris les groupes qui évoluaient en deuxième division et qu’à l’époque évidemment je snobais. Avec le onzième album des australiens de Pond, formé en 2008 par des membres de Tame Impala, j’en suis pour mes frais : la machine à remonter le temps déraille, direction les années 80 et un étrange revival goth-pop ressuscitant guitares scintillantes, halos de chorus et de réverbération, nappes de synthé liquoreuses, batteries qui jouent comme des boîtes à rythmes et choucroute-dans-les-cheveux à la Ian McCulloch ou Siouxsie Sioux. Zut. Tout n’est pas à jeter, mais la forme sans le fond, c’est à dire sans mélodies qui tuent, ça tourne vite à l’exercice de style stérile, voire à la citation - The B-52’s sur l’introductif Skyworks, ce bon vieux Lawrence sur le racé Two Hands, les Only Ones (ou les Undertones) sur Personal Hell et les Midnight Oil un peu partout, sachant que la plupart des compositions sont alourdies par des ponts psychédéliques et des riffs de guitare hard-rock light dignes de The Knack. Pour attirer le chaland naïf, Nick Allbrook et ses acolytes brandiront l’étendard « Goths at the Pub » : las, nul gothique dans ce pub vide, où seuls quelques poivrots traînent au comptoir, se chamaillant pour savoir qui - de Bon Scott ou de Brian Johnson - est le meilleur chanteur d’AC/DC, avant de s’enfiler une mare de bière tiède. [Pond, ça veut dire étang.] [oui, je sais que ça ne se fait pas d’expliquer les blagues, mais je suis certain que vous n’auriez pas compris] [tout ça pour dire que je ne savais pas comment terminer la chronique d’un disque que je n’avais pas prévu d’écouter].