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Ça crépite. Ça bégaie. On croit d’abord entendre une machine hésiter avant sa mise en route. Puis tout bascule. Les guitares se tendent, la batterie s’emballe, les voix explosent. Lorsque Noze scande « fais-moi sentir vivant », inutile de préciser qu’à l’écoute de Sans Contact, le contrat est rempli. La secousse est immédiate.

Après plusieurs années de silence, No Vale Nada ne revient pas pour rassurer. Le quatuor livre un disque qui semble absorber les tensions de son époque pour les transformer en matière sonore. Le chaos n’y est jamais gratuit ; il ressemble davantage à une manière de traduire ce que les mots ne parviennent plus toujours à dire.

Car les mots, justement, demandent presque un second voyage. Sans le livret, difficile d’en saisir le sens. C’est regrettable tant ils portent une véritable nécessité. Mais cette frustration finit par devenir cohérente avec le disque lui-même : avant de comprendre, il faut ressentir. Les morceaux frappent d’abord le corps avant d’atteindre l’esprit. Une ligne mélodique tente parfois d’apaiser l’animalité qui nous saute à la gorge… à moins que ce ne soit l’inverse.

À mesure que l’écoute progresse, une idée s’impose. Et si toute cette violence n’était que la traduction du mal-être général du monde ? Pas une colère spectaculaire, mais un épuisement devenu incapable de se contenir. Quelques respirations apparaissent malgré tout. Elles ne viennent pas réparer les fractures, seulement les éclairer autrement. Une halte presque cryptique surgit au beau milieu du parcours, comme une épiphanie discrète au cœur d’un paysage dévasté (03).

Même lorsque No Vale Nada semble ralentir, le groupe refuse les chemins balisés. Le hardcore accepte des échappées inattendues vers une forme de musique concrète, déconstruisant sa propre matière avant de la reconstruire autrement. Puis tout reprend sa course. Les dernières minutes laissent une impression étrange. Impossible de savoir si la lumière qui apparaît enfin annonce un véritable apaisement ou seulement le calme après la tempête... avant la suivante (Consommer les Rituels).

Quidam ne cherche jamais à rendre le chaos spectaculaire. Il l’habite. Et c’est peut-être ce qui le rend si troublant : derrière les déflagrations, No Vale Nada parle moins de colère que de survie. De cette nécessité, aujourd’hui plus que jamais, de continuer à se sentir vivant.




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