15 juillet 2026 / « We went back to an older method of writing for this one. We jammed and jammed and jammed. » Telle est la philosophie à l’œuvre derrière le nouvel album des fringants Californiens, menés par un John Dwyer en forme olympique. Rien que cette année, le bougre s’est fendu d’un opus solo (Heathen Axe), d’un long format avec son side-project Damaged Bug (Zuzax) et d’un EP avec les Osees (Cara Maluco). Le groupe, fort du retour de la chanteuse Brigid Dawson, nous avait laissés sur un Abomination Revealed At Last aussi compact que frénétique – à chaque sortie du combo basé à Los Angeles, la question se pose : dans quelle sauce nos oreilles vont-elles tremper ? Une sauce hallucinogène, assurément. Pour faire simple, Off Course est le croisement psychédélique entre les Doors et les Make-Up. D’un côté, les structures étirées, les claviers bavards, l’atmosphère de fumette ; de l’autre, les gimmicks fiévreux, la saturation bordélique et les mélodies accrocheuses. Avec une telle formule, on comprend mieux pourquoi le morceau inaugural - alambiqué tout autant que malin, avec ses couplets pop inattendus - frôle les dix minutes. La production est mate, fouillis, vivifiante, c’est solide, ça tient au corps. Sur la cavalcade hippie Hecate’s Reflection is a Trick, la basse à contretemps crée un effet chaloupé quasi-dub, renforcé par des motifs de clavier jazzy, tandis que la batterie – as groovy as possible – porte sur ses épaules le tourbillon bourdonnant The Trick. S’ensuivent une plaisante mélopée garage-psych trop décousue pour son propre bien (Syringe), et un exercice de style intrigant (The Brute on his Knees), qui voit Brigid et John se lancer dans un slow blindé d’orgues pompeux, à la limite de la parodie – impossible de savoir si John Dwyer joue aux crooners ou croone pour de vrai, mais de toutes façons, crooner, quoi que l’on fasse, off course, ça ne peut pas être sérieux. Inégal (comme souvent) mais taillé pour la scène (comme très souvent), le nouveau Osees reste un bon cru. Good Job.