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  • 11 janvier 2008 /
    Hayden
    “Elk-Lake Serenade”

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Si l’on n’y prend pas garde. Si l’on balaie d’un regard seulement distrait la horde de nouveautés s’avançant en ordre rangé chaque mois. Si, par manque de temps, de persévérance ou tout simplement d’intérêt, on prend pour seuls repères les lumières qu’allument les gardiens de phare rompus à l’exercice de la promotion, alors on restera aveugle à la bougie agitée sans excès de zèle par le Canadien Hayden Desser. C’est que l’homme se garde de tout attrait pour une quelconque luminescence. Il tronque même son nom en Hayden. Comme pour ne pas malmener sa modestie. Et reste dans l’ombre à peine percée par les rayonnements de ses fans, de plus en plus nombreux, et de plus en plus transis. Et on les comprend. Jugez sur pièce : quinze créations d’orfèvrerie folk-rock taillées dans le bois précieux de sa guitare, directement du producteur au consommateur. Quinze pièces qui disent le quotidien (" Woody " où l’évocation de son chat), une vie plus ou moins fantasmée et la nécessité de ne se faire violence en rien (" Don’t Get Down "). Le tout sur un mode alternant l’invitation à pénétrer l’intime guidé par les notes livrées avec parcimonie d’une guitare de bois donc ou d’un harmonica caressé du bout des lèvres, et l’harponnage en règle qui ne laisse d’autre choix que de dodeliner de la tête en cadence (" My Wife "). Car c’est là la nouveauté : Hayden, après le phénoménal Skyscraper National Park, redécouvre l’ampli poussé dans un coin de sa chambre d’adolescent gardée intacte par ses parents et dont les lampes n’avaient pas autant chauffé depuis Everything I Long For. Les compositions du résident torontais s’enrichissent en outre de l’apport ici d’une trompette (" Hollywood Ending ") là de quelques cordes (" Killbear ") ou d’un " clappement " de mains. Ce dernier élément annonçant à n’en pas douter la moisson légitime d’égards que recevra Hayden dans un temps proche. Ecoutez en priorité et pour vous en convaincre " Home By Saturday " tellement introspectif qu’il finit par s’adresser à tout un chacun. Portez ensuite votre regard un instant derrière les épaules de Banhart, Newsom et les jeunes turcs du néofolk, vous y découvrirez Hayden. Il vous veut du bien.




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