12 avril 2026 / Tandis que j’écris, il y a, au loin, comme un écho nocturne. C’est durant une soirée de pleine lune que – paisiblement – j’écoute les six compositions du nouvel EP de Roma Luca, l’ancienne bassiste d’Ottis Coeur confirmant les promesses entrevues l’année dernière sur l’inaugural Invisible Figure. Creusant le sillon d’une chanson française moderniste teintée d’influences anglo-saxonnes (l’on pense à Bat for Lashes, à Smog, à Cat Power), Camille – dont le tempérament affirmé laisse affleurer une sensibilité prégnante – se fait l’héritière des France Cartigny et autres Anaïs Croze ; plus rock que variété, donc. En témoignent les arrangements shoegaze de la ritournelle Les histoires que j’aime ou le final épique de la ballade planante Seras-tu encore là ?, ainsi que l’orageuse mélopée Ne baissons-pas les bras, âpre, lancinante et subtilement drapée de saturation. La production est parfois sèche, mais cette absence de tergiversation sert à merveille des morceaux tels que la complainte folk Séléné, rehaussée par des sonorités synthétiques, et la pop garage Du noir sur la colline. Cœur de louve.