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Quand je chronique un disque, je m’interdis toute appréciation quant à l’apparence de l’artiste évoqué (sauf à ce que son atour nourrisse un personnage – jurisprudence David Bowie), mais je dois admettre que le patronyme choisi par le multi-instrumentiste lorrain Clément Grethen s’avère particulièrement pertinent, tant est magnétique son avatar scénique. Après avoir œuvré au sein de La Flopée, Tioklu ou IPPON, Clément se lance dans l’aventure solo, marquée par des premières parties prestigieuses (Zaho de Sagazan, Clara Ysé, Malik Djoudi), un premier EP (Des Restes, 2023) et une tournée au Pakistan. Il a également enregistré une reprise du California de Mylène Farmer, publiée par le label Sick Sad World Records : la filiation n’est pas incongrue, tant il partage avec la Québecoise un goût certain pour les mélodies feutrées, les arrangements mélancoliques et la mise en scène de l’introspection flamboyante. Fragilité assumée comme une force, au travers des sept compositions de son nouvel EP, un Automatique électro pop classieux sur lequel le chant est bel et bien la vedette. Enrichies de claviers lancinants à la Angelo Badalamenti (la ritournelle ternaire La Mer), d’arpèges électroniques évolutifs (En Phase) et de beats simili house (Le Vide), les sept compositions d’Automatique dessinent le portrait d’un artiste aussi sensible que conscient, à même d’épouser les contours esthétiques de son époque, désabusée et néanmoins optimiste. Il faudra un jour analyser la scène Garageband (sonorités claires, production limpide, toutes émotions devant), dont Louise BSX et Thx4Crying sont nos plus beaux fleurons, mais Clément Visage est indéniablement dans le haut du panier, ne serait-ce que par sa douce intensité – zéro esbroufe : bille en tête, mais balle dans le cœur.




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