16 novembre 2025 / Même si les références affichées dans la biographie font un peu peur (Fleetwood Mac, sérieux ?), l’inaugurale ballade réverbérée Calling Ghostly Nations, lent crescendo organique porté par les voix de Jace Lasek et Olga Goreas, se rapproche plus de Beach House que du Big Mac, nous voilà (un peu) rassurés. Un peu seulement, parce que la suite du nouvel album des canadiens The Besnard Lakes s’avérera – malgré une production ample et ambitieuse – assez pénible à écouter, et ce jusqu’à la note finale. Pourtant, nous l’aimons, ce groupe. Formé à Montréal en 2003, il navigue depuis sur les eaux brumeuses du rock psychédélique, du shoegaze et du post-rock : l’opus The Besnard Lakes Are the Dark Horse (2007) est un des sommets du genre et leur a valu une certaine reconnaissance critique, ainsi qu’une nomination au Polaris Music Prize (l’équivalent de nos abominables Victoires hexagonales). Si, en dépit d’un final soft rock salopé par un immonde solo de guitare électrique, l’apaisé Chemin De La Baie (longue introduction, six-cordes liquides, claviers ondoyants) fait le job, et que le garage blues psych In Hollywood évoque (de loin) Led Zeppelin, le reste de The Besnard Lakes Are The Ghost Nation confirme que l’étrange référence à Fleetwood Mac n’était pas gratuite : il y a du dad rock dans l’air (enfumé). Grandiloquence stérile sur Pontiac Spirits (mood Arcade Fire), piano plaqué à la Elton John sur le slow Battle Lines (c’est quoi ces claviers cheap ?), easy listening chanté-parlé sur un The Clouds Are Casting Shadows From The Sunlight qui m’évoque le J’ai Encore Rêvé d’Elle du groupe Il Était Une Fois - The Besnard Lakes inventent le variétochegaze. Et que dire de la dreampop Give Us Our Dominion et ses motifs guitaristiques orientalisants ? Gênant. Certes, la production reste digne et je suppose que durant un périple automobile sur une autoroute perdue au milieu de nulle-part, The Besnard Lakes Are The Ghost Nation remplira sa fonction de musique de fond, mais les influences indigestes, mais les compositions peu recherchées, mais l’absence de mélodies mémorables font que le septième album des Montréalais manque cruellement de reliefs. Espérons que The Besnard Lakes ne soient définitivement pas devenus une ghost nation.